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La naissance d’un musée

Le musée Anne-de-Beaujeu est le fruit de plusieurs héritages : celui des ducs de Bourbon d’abord, des dernières volontés d’un moulinois de naissance, Louis Mantin, de la passion des membres d’une société savante locale, mais aussi de la pratique philanthropique du don d’oeuvres d’art et, d’une politique d’acquisition active soutenue par la volonté des pouvoirs publics.

Un lieu historique : le château des ducs de Bourbon

Le musée qui doit son nom à la fille de Louis XI, Anne de France devenue Anne de Beaujeu en épousant le duc de Bourbon Pierre de Beaujeu, est installé sur le site du château des ducs de Bourbon. Lorsqu’en 1910 le musée prend place dans le pavillon dit “Anne de Beaujeu ” du château son histoire rejoint la grande Histoire. L’art jouait déjà un rôle de premier plan à l’époque des ducs. Anne de Beaujeu (1461-1522) s’était en effet entourée de sculpteurs, de peintres et d’architectes pour faire de Moulins une ville digne d’accueillir la cour de France. La pavillon, construit vers 1500 pour fermer la grande cour du château médiéval élevé par Louis II de Bourbon, est un exemple précoce de l’architecture Renaissance en France.

Le Pérugin donnant une leçon à Raphaël<em>Le Pérugin donnant une leçon à Raphaël</em> <br />Edouard Cibot <br />huile sur toile, 1842 <br />Photo Christian Parisey, CG03

Après la Révolution : les prémices du musée

Avant la création du musée d’art et d’archéologie dans sa configuration actuelle, Moulins a connu plusieurs expériences de collections publiques. Le premier musée, comme dans de nombreuses villes, voit le jour lors de la Révolution française. Face au vandalisme exercé contre les biens de l’aristocratie et du clergé, l’Etat demande aux municipalités de lutter contre le pillage des demeures et églises et de rassembler les objets sauvés.
Le district de Moulins nomme donc en 1795 un conservateur qui regroupe ces collections dans la chapelle du couvent de la Visitation. Mais faute de réelle volonté politique, elles seront rapidement dispersées dans divers lieux : églises, lycée… Le premier musée moulinois meurt officiellement en 1834 !

Quelques années plus tard, en 1842, la Ville crée par délibération du conseil municipal son musée. Quelques toiles appartenant à la Ville au moment de la Révolution ainsi que des dons et des achats forment l’embryon de cette collection.

Peu à peu, le musée se déploie dans toutes les salles de l’Hôtel de ville. Les collections sont alors essentiellement composées de peintures et de médailles.

Vue du musée – salle du palais de justiceVue du musée – salle du palais de justice

Le rôle déterminant de la Société d’Emulation du Bourbonnais

Fondée en 1845, la Société d’Emulation du Bourbonnais se donne pour mission « de s’occuper activement de former une collection d’objets d’art [en donnant] avant tout la préférence à ceux qui auraient été découverts dans le département de l’Allier ». Cette collection ne débute finalement qu’en 1851, à l’occasion de fouilles archéologiques sur la commune voisine, Yzeure. Devant l’importance des collections acquises, la Société sollicite les pouvoirs publics pour gérer ce patrimoine. C’est ainsi qu’en 1861, le Département dégage les fonds nécessaires à la création d’un musée départemental à la condition que la Société y mette en dépôt l’ensemble de ses collections. Un second musée est donc inauguré à Moulins le 15 août 1863 dans les bâtiments du palais de justice.

Salles des tableaux – carte postale ancienneSalles des tableaux – carte postale ancienne

Le testament décisif de Louis Mantin

Réunion des musées municipal et départemental, le musée Anne-de-Beaujeu doit beaucoup à Louis Mantin. L’idée de regrouper les deux collections était en germe dès les années 1860 mais aucun des projets n’avait pu aboutir. Or le destin du musée et la vie de cet ancien haut fonctionnaire sont intimement liés. D’une part, les grands-parents de Louis Mantin avaient fait construire leur demeure sur les ruines du château situées entre le donjon et le pavillon Anne-de-Beaujeu et Louis Mantin lui-même y avait adossé sa spectaculaire villa en 1896. D’autre part, il était investi dans la vie culturelle locale et fut vice-président de la Société d’Emulation du Bourbonnais de 1902 à 1904. Lui-même collectionneur et amateur d’art, la création du musée lui tenait particulièrement à cœur ; aussi, rédigea-t-il un testament qui scella définitivement l’avenir du musée. Il légua sa maison, ses collections et une somme d’argent aux pouvoirs publics pour la création d’un musée rassemblant les deux collections dans le pavillon Anne-de-Beaujeu à la condition que ce dernier soit ouvert au public dans les cinq ans suivants sa mort. C’est ainsi que le nouveau musée ouvrit ses portes le 5 juin 1910.