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Une demeure unique

L'esprit des lieux

L’emplacement de la Maison Mantin est loin d’être anodin. L’actuelle maison est construite sur une parcelle qui se situe à la place de la partie nord du corps de logis construit au 15e siècle par les ducs de Bourbon, entre le château médiéval et le pavillon Renaissance. Un incendie ravage en 1755 une partie de ce bâtiment qui avait été par ailleurs progressivement laissé en déshérence. Ce terrain, situé sur un dénivelé, possède encore, du côté des Jardins-Bas, les salles basses voûtées du 15e siècle. Cet emplacement est donc
fortement lié à la fabuleuse histoire des Bourbon, au milieu de ce château de Moulins, ville capitale du Bourbonnais.

La parcelle, après la vente des biens nationaux en 1791, passe entre dans les mains de plusieurs propriétaires, avant d’être achetée par la famille Mantin en 1828. Les grands-parents de Louis Mantin y font construire une maison et un atelier où une partie, voire la totalité, de leur activité d’ébéniste s’implante.

Par ailleurs, bien placée dans le centre ville de Moulins, cette parcelle est bordée par un parc (l’actuel parc Laussedat) et dispose d’une superficie suffisamment importante pour l’aménagement de jardins privés.

René Moreau

Louis Mantin commande, l’année même de sa mise en disponibilité, en 1893, les plans d’une villa à René Moreau (1858-1924). Ce dernier, fils de l’architecte Jean Bélisaire Moreau, est un architecte important de l’Allier, qui œuvre à la restauration de nombreux châteaux et à la construction de plusieurs édifices notables.

René Moreau présente en 1893 un premier projet de villa dont le dessin est exposé au Salon des Artistes français à Paris la même année. Ce premier jet est sans doute considéré comme trop ambitieux puisque Moreau reprend sa copie et soumet un second projet, moins conséquent mais qui conserve le même style.

Maison MantinFaçade avant (est) de la Maison Mantin

Le style éclectique

Ce deuxième projet est accepté. Moreau propose une construction pittoresque dans le style des manoirs néo-normands (utilisation de la brique et du bois, toiture débordante...) avec des emprunts notables à l’architecture du château (tour et tourelle), genre très prisé par une certaine bourgeoisie à la fin du 19e siècle. Après la révolution de 1848, l’école du néo-classicisme est balayée par un courant romantique qui se met au service de la classe dirigeante du Second Empire. De nombreux châteaux sont construits ou restaurés dans ce goût que l’on désigne aujourd’hui par le terme d’éclectisme ou d’historicisme.

VitrailDétail de vitrail, chambre de Louis Mantin Porte-éponge, salle de bain

La construction de la maison

Les travaux débutent en 1894. Louis Mantin dépose dans les fondations de sa maison un lot de pièces d’or et d’argent au millésime de l’année. La demande formulée le 17 mai auprès de sa banque est conservée et permet d’établir le contenu de ce « trésor ». Ce geste solennel reprend une tradition très ancienne, censée apporter richesse et prospérité à la maison.

La fin des travaux s’échelonne entre 1895 et 1897. L’inscription de l’observatoire et un vitrail présentent la date de 1895, Auguste Sauroy signe son travail en 1896 et des graffiti d'artisans retrouvés derrière les tentures mentionnent la date de 1897.

Maison MantinFaçade

Les façades

La Maison Mantin présente un plan asymétrique sur trois niveaux. Elle se caractérise par de nombreux décrochements, des tourelles, des baies de formes variées. Les toits débordants sont couverts de tuiles plates et les pignons sont coupés. Les parements sont construits en pierre aux joints cimentés. Des moulurations horizontales en pierre taillée scandent les étages. Les ouvertures présentent des encadrements en pierre plus claire et en briques. Un décor de terre cuite émaillée polychrome agrémente les façades.

La façade donnant sur le jardin Laussedat clôturé par des grilles d’inspiration Art nouveau séparées par des piliers alternant pierre et brique surmontés de vases Médicis. Les deux portails sont décorés de l’initiale du propriétaire. La tour a été placée exactement au-dessus de l’escalier du corps de logis du 15e siècle et permet d’accéder aux salles basses médiévales par une porte située à sa base. La façade opposée s'ouvre sur une terrasse qui dominait un jardin appartenant à Louis Mantin (aujourd'hui, une partie du parc municipal des Jardins-Bas).