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L’aménagement intérieur

Dès l’origine du projet, la maison a été conçue pour servir d’écrin aux collections du maître des lieux. La mise en oeuvre des tentures (tapisseries, cuirs) et la disposition de certains meubles sont si intimement liées à l’architecture intérieure qu’il y a tout lieu de croire que l’un n’a pas été pensé sans l’autre.

Décors peintsDécors peints

Les décors peints

Les peintures se divisent en deux catégories. La première correspond à des murs unis, souvent sur un crépi peu apprêté, que viennent agrémenter des frises à motifs géométriques ou à dessins stylisés de végétaux. Ce décor est essentiellement présent dans les pièces secondaires et les espaces de passage.

La seconde rassemble des décors floraux (bouquets, guirlandes, fleurs diverses et rubans) traités dans un goût naturaliste et charmant, dans des teintes discrètes et fraîches. Quelques oiseaux et insectes viennent animer ces scènes bucoliques. Plusieurs de ces décors, comme ceux de la salle de bain, du plafond de la chambre de femme, évoquent les décors dits de « boutique », si habituels autour des années 1890-1900.

Les cuires dorésUn des murs tapissé de cuirs dorés de la chambre de Louis Mantin

Les cuires dorés« Cortège d’un Roy chinois », garde armé et coiffé d’un turban sur un éléphant

Les cuirs dorés

La tenture en cuir doré tendue sur les murs de la chambre de Louis Mantin est à considérer comme un véritable chef-d’œuvre.

Légères, souples, résistantes et ornementales, les peaux travaillées à la mode de Cordoue bénéficient d’une faveur exceptionnelle en Europe jusqu’à la fin du 18e siècle, date à laquelle elles sombrent dans l’oubli. Aujourd’hui encore, ces luxueux « habits de lumière », destinés originellement aux demeures royales et princières, restent largement méconnus.

La basane – le cuir le plus souple issu du mouton – est recouverte de feuilles d’argent servant de base au décor. L’aspect doré est obtenu grâce à un vernis jaune. Imprimé à l’aide de planches gravées ou encrées, le dessin est peint, ou juste souligné, de couleurs à l’huile. Alors que les motifs les plus simples imitent les tissus, les tentures prestigieuses s’inspirent de la tapisserie de haute lice ou de la peinture.

D’abord importés d’Espagne, ces cuirs sont par la suite produits en Italie, en Hollande et en France (Paris, Rouen, Lyon, Marseille et Avignon). Des progrès techniques apparaissent comme le gaufrage qui anime les peaux de luxueux effets visuels. Une autre innovation majeure concerne les scènes historiées. Désormais réalisées en continu sur plusieurs pièces de cuir juxtaposées, les scènes gagnent en cohérence et en vivacité pour former de véritables tableaux.

L’atelier avignonnais de Raymond Boissier emploie cette technique pour ses décors thématiques. La tenture de la Maison Mantin, qui peut être datée de 1712, est exceptionnelle par sa taille mais surtout par son iconographie complexe qui propose des épisodes mythologiques (amour de Bacchus et Ariane, de Pyrame et de Thisbée…), historiques (suicide de Cléopâtre), des allégories (la Terre et le Feu) ou encore des scènes exotiques (procession d’un roi Chinois, Indiens accompagnés d’un éléphant.

Les vitrauxPavots jaunes et rouges, détail du vitrail , corridor des chambres, 1er étage

Les vitraux

Les vitraux ne peuvent être attribués de façon précise à un verrier. Il semble que plusieurs ateliers soient intervenus. On a cité le nom des frères Tournarel à Paris que René Moreau faisait habituellement travailler. A aussi été évoqué l’atelier de Pierre Guibouret à Moulins qui fit de nombreuses verrières pour les églises de l’Allier. Il y avait alors une longue tradition de peintres verriers dans l’Allier et les départements voisins, mais après 1900 leur nombre a diminué de façon conséquente.

Les étoffes d'ameublementLa chambre des Quatre saisons

Les étoffes d’ameublement

La soie rose de la chambre de femme, le lin imprimé de motifs botaniques, les portières en tapisseries anciennes ou en lourds tissus de la fin du 19e siècle, abîmés par le temps, déchirés, affadis, impossible à restaurer, ont été entièrement refaits. Les originaux sont désormais conservés dans les réserves du musée.

« Les Amours » est un motif dont le dessin a été réalisé par un atelier de soyeux lyonnais dans la deuxième moitié du 19e siècle. Les cartons ont été heureusement conservés. Ils sont aujourd’hui la propriété de la maison Tassinari & Chatel (Lyon). Le retissage a ainsi pu être effectué à l’identique.

Le lin imprimé « Les Tournesols » est, quant à lui, édité en 1894 par l’entreprise Scheurer-Rott & Fils, installée à Thann, non loin de Mulhouse, à partir d’une gravure du 17e siècle. Le tournesol encadré du lys pourpre et de la couronne impériale, sont des références autant historiques que botaniques.

Confort moderneLe passage « Aux tournesols »

Confort moderneUne lampe d’église ancienne électrifiée par Louis Mantin

Confort moderneLe cabinet de toilette La salle de bain

Le confort moderne

Bien que cette villa soit tournée par sa décoration vers le passé, elle est néanmoins en prise avec son époque notamment pour les éléments de confort. Ces innovations techniques d’avant-garde sont précieuses car elles ont rarement été conservées.

Le chauffage
En adjonction des nombreuses cheminées, un chauffage par air chaud est installé. Cette technique a souvent été adoptée dans les églises dans la seconde moitié du 19e siècle. Un calorifère à charbon chauffait l’air qui ressortait par des bouches en plusieurs endroits de la maison.

L’électricité
L’éclairage électrique est mis en place à Moulins en 1892. Les principaux cafés de la place d’Allier, ainsi que plusieurs négociants, adoptent la « fée électricité » qui devient un vrai objet de curiosité ! Cette électricité est fournie par une petite usine située à proximité de la Maison Mantin qui est la première maison privée électrifiée de Moulins. L’électricité y est utilisée uniquement pour l’éclairage.

L’hygiène
La salle de bain est précédée d'un cabinet de toilette. L’eau était chauffée dans la petite pièce au rez-de-chausée de la tour, le réservoir étant placé sous la toiture de cette même tour.

Chaque étage de la maison est équipé de toilettes. La cuvette en faïence blanche est encastrée dans un meuble en bois. La chasse d’eau emprunte le système de la pompe utilisé couramment sur les navires.